lundi 27 octobre 2014

Prière de protection

 Très Divin Sauveur qui avez donné Votre vie
qui avez répandu Votre Sang Précieux
pour tous les pécheurs depuis Adam
jusqu'à aujourd'hui et pour tous les temps, 

Daignez me purifier, me libérer, me guérir, me sanctifier, me pardonner. J'invoque aussi la très grande puissance de
Votre Sang Divin
pour tous les agonisants de ce jour, pour les saintes âmes du purgatoire, pour les pécheurs en état de se perdre, pour ceux qui voudraient se suicider, 
pour ceux qui ont l'intention d'atteindre à la 
vie des tout-petits
ou de leur prochain, pour le salut de la Sainte Eglise, pour la 
sanctification des prêtres et tout spécialement pour le Saint Père.

Très Précieux Sang de Jésus mon Sauveur,
soyez victorieux en moi, sur mes ennemis et sur le monde entier.

Que Votre Règne arrive, ô mon 
Dieu,
par les Très Saintes Larmes et le Cœur Immaculé de Marie.
Ainsi soit-il ».

27 octobre ( mois du Rosaire)

Vingt-septième jour : Le Rosaire, Oraison mentale

Le Rosaire étant, pour ainsi dire, un livre de méditation, on peut appliquer à la pratique de cette dévotion ce que Saint François de Sales dit, en général, de l'oraison mentale ou méditation. Je vous conseille principalement, dit-il, l'oraison de l'esprit et du coeur, et surtout celle qui est occupée de la vie et de la passion de Notre Seigneur (ce qui a lieu dans la méditai ion des quinze mystères du rosaire); car, à force de le considérer dans l'exercice de la méditation, toute votre âme se remplira de lui, et vous formerez votre conduite intérieure et extérieure sur la sienne. Il est la lumière du monde, c'est donc en lui, par lui et pour lui que nous devons être éclairés. Vous le savez; les petits enfants entendant continuellement parler leurs mères, et s'efforçant de bégayer avec elles, apprennent à parler la même langue: c'est de cette sorte que nous attachant au Sauveur dans la méditation des mystères du rosaire, y observant ses paroles, ses actions, ses sentiments et ses inclinations, nous apprendrons avec sa grâce, à parler comme lui, à agir comme lui, à juger comme lui et à aimer ce qu'il a aimé.

C'est là l'oraison mentale propre à la récitation du Rosaire et qui, d'après l'intention de l'Eglise, doit lui être inhérente; et de quel avantage ne doit pas être pour nous cette méditation, puisque nous ne saurions aller à Dieu le Père que par cette porte qui est Jésus-Christ, ainsi qu'il nous l'a dit lui-même. La glace d'un miroir ne peut arrêter notre vue, à moins qu'elle ne soit enduite d'un côté d'une couche de plomb ou d'étain, de même nous n'aurions jamais pu bien contempler la divinité en celle vie mortelle, si elle ne se fut unie à notre humanité dans Jésus-Christ, dont la Vie, la Passion et la Mort sont pour nos méditations l'objet le plus proportionné à la faiblesse de nos lumières, le plus doux à notre coeur et le plus utile au règlement de nos moeurs.

Le Sauveur s'est appelé le Pain descendu du ciel, pour plusieurs raisons, mais entre autres pour celle-ci: Comme l'on mange le pain avec toutes sortes de viandes, nous devons si bien goûter l'esprit de Jésus-Christ dans la méditation des Mystères du Rosaire, que nous en étant nourris, nous le fassions entrer dans toutes nos actions. Mais, pour s'en nourrir réellement, il faut mettre en pratique ce que Saint Ignace appelle l'exercice des trois puissances de l'âme; c'est-à-dire que, pour méditer chaque Mystère du Rosaire, nous devons exercer la mémoire, l'entendement et la volonté: la mémoire, en nous remettant devant les yeux le mystère que nous avons à méditer; l'entendement, en recherchant les motifs qui peuvent le plus contribuer à échauffer notre volonté; et enfin la volonté, en lui faisant produire les actes de la vertu qui est le fruit de la méditation du Mystère. C'est ce dernier point qui est le principal de tous et celui auquel nous devons nous arrêter, parce qu'il est la fin de la méditation, et en outre parce que le fruit qui doit provenir de toutes les réflexions de l'entendement, doit être d'émouvoir la volonté à la recherche du bien et à la fuite du mal.

Cette manière de méditer est très simple et très à la portée de tout le monde. Par le moyen de cet exercice des trois puissances de l'âme, nous nous représentons le sujet du Mystère que nous avons à méditer; nous nous figurons les circonstances du fait comme s'il se passait sons nos yeux; nous réfléchissons sur les particularités qui nous fourniront des motifs propres à exciter les sentiments analogues au fait rappelé dans ce Mystère, et nous nous livrons à ces sentiments, résolus à pratiquer la vertu qui en découle naturellement et dont nous faisons des actes. Mais il est évident que la volonté étant une puissance aveugle qui ne peut se porter à rien d'elle-même si l'entendement ne la guide, il faut qu'elle soit éclairée par celui-ci pour découvrir ce qu'elle doit ou aimer ou haïr, car nous n'aimons une chose que parce que nous la concevons bonne et digne d'être aimée. Il est donc clair que l'opération de l'entendement est le fondement des autres actes que nous faisons dans l'oraison, et c'est pour cela qu'on l'appelle souvent simplement méditation.

Ce que l'Ecriture dit de la méditation de la Loi du Seigneur, peut s'appliquer très-naturellement à la
méditation des mystères du rosaire. « Heureux, dit le Prophète royal, heureux l'homme qui médite jour et nuit sur la Loi du Seigneur ! Il sera comme un arbre qui est planté le long des eaux et qui portera son fruit dans sa saison ». « Heureux, dit-il ailleurs, ceux qui réfléchissent sur ses promesses; c'est une marque qu'ils le recherchent de fout leur coeur ». Donnez-moi l'entendement, dans la méditation dos Mystères du Rosaire, et je ferai de profondes réflexions sur Votre Loi, et je l'observerai de tout mon coeur. « Que si, dit-il dans un autre endroit, Votre Loi n'eût été le sujet ordinaire de ma méditation, peut-être que je serais demeuré dans mon anéantissement, et que j'y aurais péri »; c'est-à-dire, comme l'interprète saint Jérôme, je serais demeuré dans les peines et dans les misères qui m'environnent. Ce qui doit nous donner encore une haute estime de la
méditation, en général, et en particulier de la méditation des Mystères du Rosaire, c'est que les Saints disent qu'elle sert à toutes les vertus et à toutes les bonnes oeuvres. Mais afin que par l'opposition de son contraire, on vienne à la mieux connaître, il faut savoir que le manque de réflexion est une des principales causes de tous les maux qui arrivent dans le monde, suivant ces paroles de Jérémie: « Toute la terre est désolée d'une désolation universelle, parce qu'il n'y a personne qui fasse aucune réflexion dans son coeur ». Savez-vous pourquoi la terre est si désolée, quant au spirituel ? c'est qu'il parce n'y a presque personne qui rentre en soi-même et qui repasse en son esprit les Mystères ineffables de la religion et les bontés infinies de Dieu. Or, n'est-ce pas ce désordre que ferait cesser la récitation du Rosaire faite dans l'esprit de l'Eglise, c'est-à dire en
méditant affectueusement les quinze Mystères qui le constituent et qui sont la base de la religion et de la morale chrétienne ? Qui, en effet, oserait pécher, s'il considérait intérieurement et en esprit de Foi et d'amour que Dieu est mort à cause du péché, et que le péché est un si grand mal, qu'il a fallu que Dieu se fit homme, afin que, par sa mort, il satisfait entièrement pour le péché, à la justice rigoureuse du Père éternel ?
Il n'y a point de doute que si nous faisions les réflexions convenables en méditant les mystères du Rosaire, cela nous servirait d'un frein puissant pour nous faire éviter le péché; aussi est-ce pour cette raison que le démon, qui connaît l'utilité de cette méditation bien faite, essaie continuellement de nous en détourner par tous les moyens possibles: il fait en sorte que nous ne nous servions pas des yeux de fa Foi et que nous croyions comme si nous ne croyions pas, c'est-à-dire sans croire de coeur et d'âme, d'une foi vivante et pratique, afin qu'en voyant, nous ne voyions pas, et qu'en écoutant, nous n'écoutions et ne comprenions pas, faute de réflexions sur ce que nous croyons.

Résolution

Prenons la résolution de nous recueillir et de méditer de notre mieux les Mystères du Rosaire, lorsque nous le récitons: nous pouvons aisément nous convaincre, par notre propre expérience, que la seule manière de le réciter avec fruit, pour la gloire de Dieu et le salut de notre âme, c'est de bien méditer les Mystères afin d'en pénétrer notre esprit et notre coeur. Disons avec l'Apôtre: « Je prierai en esprit; je prierai au-dedans de mon coeur: je chanterai les louanges de Dieu en esprit; je les chanterai au-dedans de mon coeur ».

Prière


Vierge Sainte, parfait modèle des chrétiens ! l'Evangile dit de Vous que vous conserviez dans Votre Coeur et méditiez lus paroles de Votre Divin Fils; nous sommes des enfants qui ne savent rien relativement à la méditation, ô bonne Mère ! apprenez-nous Vous-même à méditer les Mystères du Rosaire, afin que la pratique de cette dévotion nous rende agréables aux yeux de Dieu en nous rendant des hommes d'oraison. Ainsi soit-il. 

dimanche 26 octobre 2014

26 octobre ( mois du Rosaire )

Vingt-sixième jour : Le Rosaire, prière vocale

Le Rosaire étant tout à la fois un livre de méditation, de prières et d'actions de grâces, il est important pour les fidèles qui veulent pratiquer cette dévotion, de connaître l'excellence de la méditation et la manière du la faire en ce qui concerne particulièrement les Mystères du Rosaire.
Toute l'étude du chrétien doit être de méditer les Mystères de Jésus-Christ et de régler sa conduite sur les vertus dont il nous offre le modèle. Il n'y a de bonheur, de perfection et de salut ici-bas que dans la connaissance, l'amour et l'imitation de notre Divin Sauveur; c'est aussi la fin que Saint Dominique s'est proposée dans l'institution du Rosaire. Ce fut aussi l'intention formelle des souverains Pontifes qui l'ont approuvé et enrichi d'indulgences; ils ont voulu donner lieu aux fidèles d'étudier et d'accompagner Jésus-Christ dans ses principaux mystères. « Je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem, l'Esprit de grâce et de prière », dit Dieu au prophète
Zacharie. Dieu envoya de nouveau cet Esprit en instituant dans l'Eglise le Rosaire qui unit d'une manière si admirable et si salutaire la prière et la méditation. La prière est comme le flambeau dont la méditation reçoit la lumière et l'ardeur. De là le Rosaire, comme nous l'avons vu, est appelé la reine de toutes les prières.
Prier, c'est élever son âme à Dieu pour l'adorer, le remercier et lui demander tout ce qui nous est nécessaire. II y a deux sortes de prières: la prière vocale et la prière mentale; elles sont unies dans la pratique du Rosaire, puisqu'en même temps qu'on prononce des paroles, l'esprit doit être occupé de la méditation d'un Mystère.
Nous traiterons aujourd'hui de la prière vocale, et les jours suivants de la prière mentale ou méditation. Il n'est point d'acte de religion plus commun ni plus ordinaire que la prière; mais combien souvent n'est-il pas mal rempli ? Tout retentit des louanges du Seigneur et des voeux qu'on lui adresse, soit en récitant le rosaire, soit autrement; mais le coeur et l'esprit prient-ils de concert avec les lèvres ? et ne peut-on pas dire qu'on récite à la vérité beaucoup de prières, mais cependant qu'on en fait peu qui puissent être agréables au Seigneur ? En ne consultant que le seul bon sens et l'idée qu'il donne de ce saint exercice, pourrait-on voir de sang-froid avec quelle inapplication d'esprit, avec quelle tiédeur, avec quelle indécence même on s'en acquitte d'ordinaire ? et n'aurait-on pas droit de demander si ce n'est pas plutôt pour irriter le Seigneur, que pour l'honorer que nous le prions ?

En effet, la prière doit être un entretien avec Dieu, où l'âme admise, pour ainsi dire, et introduite dans le sanctuaire, expose au Seigneur ses besoins, lui représente ses misères, lui découvre ses tentations et ses faiblesses, et, pénétrée des plus vifs sentiments de respect, d'amour et de reconnaissance, elle tâche de l'honorer autant par sa profonde soumission à ses ordres, que par sa confiance et ses voeux. Un acte de religion si parfait, doit-il n'être qu'une pratique purement extérieure, et si, au moment qu'on traite avec Dieu, l'esprit s'égare jusqu'à perdre volontairement l'attention et la dévotion intérieure, prie-t-on Dieu ? Le vrai culte dépend pour ainsi dire, de notre disposition; Dieu peut être adoré et prié partout pourvu que ce soit partout en esprit et en vérité qu'on l'adore et qu'on le prie. Toujours prêt à pourvoir à tous nos besoins, il demande seulement qu'on les lui expose par la prière: est-il donc concevable que notre manque de foi, et notre inattention rendent inutile un moyen si nécessaire et si aisé, si efficace ! Pourquoi, en effet, la prière nous étant si familière, et Dieu étant si disposé à écouter et à exaucer nos voeux, obtenons-nous si rarement
ce que nous demandons par la récitation du rosaire ? c'est que nous prions mal, c'est que nous ne pensons pas sérieusement que c'est à Dieu que nous parlons; autrement lui parlerions-nous avec si peu de respect, si peu d'attention ?

La prière n'est pas seulement la preuve de notre confiance, elle est encore la preuve de notre foi. Quel acte de religion doit donc nous intéresser davantage ? La prière est, parmi tant d'orages qui nous assaillent, l'abri le plus sûr et le plus proche; l'ennemi ne saurait nous forcer dans ce retranchement. Il n'est pas possible de bien prier et de ne pas vaincre. Quel malheur pour ceux à qui ce puissant secours devient inutile! Mais réellement la prière faite comme on la fait souvent, peut-elle être d'un grand secours ? Combien de gens récitent, par exemple, tous les jours le rosaire sans qu'on puisse cependant dire en vérité qu'elles prient ? Dieu n'écoute et n'entend que les prières du coeur. Un Rosaire récité sans attention, sans affection, peut-il être agréable aux yeux de Dieu, qui ne compte pour rien tout culte purement extérieur ?
Lisez l'Evangile, vous y verrez que notre divin Sauveur ne fait attention qu'à la foi et à la dévotion intérieures de cette pauvre femme infirme qui touche le bord de sa robe. Vous voyez la foule qui Vous presse, lui disent ses disciples, et Vous demandez qui Vous a touché ? Cette foule tumultueuse fait peu d'impression sur Lui: il faut que le coeur parle et que la Foi agisse, si l'on veut que Dieu exauce. Les seules clameurs de l'aveugle de Jéricho sont peu efficaces; il faut qu'il dise lui-même à Jésus-Christ ce qu'il souhaite.

L'attention de l'esprit et l'affection du coeur sont comme l'âme de la prière. Ne nous étonnons pas si nous sommes si peu exauces. Une prière morte n'opère rien. Chose étrange ! à force de prier, on s'accoutume à ne savoir plus ce qu'on fait quand on prie: l'inattention avilit et profane un si saint exercice. Oh ! quelle différence, si nous pensions que c'est à Dieu que nous parlons quand nous faisons quelque prière ! La multiplicité des prières n'en augmente pas toujours le prix; mais la précipitation avec laquelle on les dit, en relève-t-elle beaucoup le mérite ? Bien des personnes se font une loi de n'en point omettre; mais combien ne s'en font pas une de n'en point profaner ? Deux choses doivent toujours concourir pour bien prier: la dévotion intérieure et le respect extérieur. Toute prière doit être animée d'une foi vive, d'une confiance entière, d'une attention véritable et d'une affectueuse dévotion. Or, une prière ne peut être telle qu'en élevant son coeur à Dieu, en dressant son intention, en unissant sa prière à celles que Jésus-Christ adressait à Son Père sur la
terre, et surtout en évitant cette précipitation irréligieuse qui rend si souvent inutile la prière vocale.

Résolution

Concevons aujourd'hui un véritable regret d'avoir fait si souvent nos prières vocales et en particulier d'avoir récité le rosaire d'une manière inconvenante, pour ne pas dire irréligieuse, et prenons la résolution de ne pratiquer dorénavant cet acte de religion qu'avec un véritable respect et une tendre dévotion. N'oublions jamais que la prière, par conséquent la récitation du Rosaire ou du Chapelet est un acte de religion; que c'est un culte que nous rendons à Dieu, une supplique que nous lui présentons; qu'elle doit donc être toujours humble, respectueuse, religieuse et dévote.

Prière

Apprenez-nous Vous-même, Seigneur, à prier. Nous reconnaissons et avouons que souvent nous n'avons pas mérité d'être exaucés dans nos prières, parce que nous les avons faites avec très peu de dévotion, d'attention et de respect. Nous espérons, Seigneur, que, par l'intercession de Notre Dame du Rosaire, Vous exaucerez du moins celle que nous Vous adressons en ce moment, à savoir: de nous pardonner nos irrévérences et de nous apprendre à bien prier. Ainsi soit-il.


samedi 25 octobre 2014

25 octobre ( mois du Rosaire)

Vingt-cinquième jour : Le Rosaire Vivant

Les moyens autres que la prière que l'association du Rosaire Vivant emploie pour atteindre le but que nous avons exposé hier, sont, l'aumône, les bons livres, les assemblées. On engage les associés à ajouter à la dizaine qu'ils récitent, l'aspiration suivante: « Seigneur, couvrez de la protection de votre divin coeur notre saint père le Pape », afin de s'attacher de plus en plus au souverain Pontife, qui est le centre de la foi et de l'unité catholique. Les associés sont invités à faire une aumône en entrant dans l'association et à la renouveler tous les ans sous le titre d'annate ou annuel. Cette aumône est destinée à payer les dépenses inévitables de l'association, et le surplus, à répandre de bons livres, des chapelets, des médailles et d'autres objets capables de favoriser la piété ou de procurer des ornements aux églises pauvres et aux autels de la sainte Vierge:
cependant il n'est nullement nécessaire de faire cette aumône pour gagner les indulgences.
Elle est entièrement libre; mais elle devient plus ou moins nécessaire pour atteindre le but qu'on se propose; et quand on voit l'impiété employer des sommes énormes pour répandre le mal, les fidèles craindraient-ils de dépenser quelques centimes pour propager le bien ? Non, sans doute; et, ce qui est admirable, c'est qu'en général les pauvres ne sont pas les moins exacts à présenter leur offrande. Qu'il est beau de voir des personnes qui gagnent péniblement leur vie, prendre encore sur la modicité de leur gain ce denier béni qui va multiplier partout des objets propres à ranimer la foi et à toucher les coeurs ! Cependant, si l'on craignait que quelqu'un pût être éloigné du Rosaire Vivant à cause de cette aumône annuelle, il vaudrait mieux se garder de la demander, et même d'en parler à certaines personnes et dans certaines localités.

L'oeuvre des bons livres doit être fort à coeur aux associés du rosaire vivant. Il est urgent d'opposer une digue à ce torrent d'ouvrages pernicieux répandus dans toutes les classes de la société. Les bons livres leur servent de contre-poison. Il est donc important de les multiplier autant que possible. C'est aussi ce qu'on se propose dans l'association du Rosaire Vivant qui a pour but de conserver, de propager la foi et les bonnes moeurs; et les bons livres y contribuent pour beaucoup. Aussi est-ce à cette fin qu'on a voulu, et très-sagement, consacrer une partie des aumônes annuelles. Quant aux assemblées, il y en a de trois sortes: celles des personnes qui ont des charges dans l'association; celles des associés d'une même quinzaine; celles plus générales, des associés d'une même paroisse ou localité. On conçoit aisément les avantages de ces réunions qui fournissent d'heureuses occasions de s'entretenir dans la ferveur et dans un esprit de charité, et de tendre tous ensemble au même but. Chaque directeur d'une association du rosaire vivant doit régler sur ce point ce
qui convient le mieux pour les personnes et les localités.
Tels sont les différents moyens qui tendent tous plus ou moins directement, mais toujours d'une manière très utile, au but principal du Rosaire Vivant. Le devoir de ce Rosaire, c'est-à-dire la pratique obligée comme condition pour gagner les indulgences, c'est d'être inscrit et associé dans une quinzaine et de dire dévotement, tous les jours, en union avec les autres associés, une dizaine de Chapelet, avec l'intention d'honorer le mystère qui est échu pour le mois. Voilà le devoir essentiel et celui qui suffit. Mais il est bien entendu que, pour mieux profiter du Mystère qui est échu, il faut le méditer, tâcher de s'en pénétrer et de pratiquer la vertu qui en est le fruit. La récitation d'une dizaine du Rosaire jointe à la méditation du Mystère est donc le seul devoir nécessaire; le reste, chacun en prend ce qui lui convient et en ce qui le concerne.
Voici un aperçu des indulgences accordées par Sa Sainteté Grégoire XVI aux associés du Rosaire Vivant:
1° Une indulgence plénière pour chaque associé, le premier jour de fête après son admission.
2° Les indulgences accordées par les souverains Pontifes aux fidèles qui récitent le Rosaire, et que nous avons mentionnées le 16° jour.
3° Une indulgence partielle de cent jours toutes les fois que, les jours ouvrables, on récitera la dizaine assignée.
4° Une indulgence partielle de 7 années et 7 quarantaines, quand on récitera la dizaine assignée, les jours de dimanches et de fêtes, y compris celles où il n'y a plus d'obligation d'entendre la messe, et pendant les octaves de Noël, de Pâques, de la Pentecôte, de la Fête Dieu; de l'Assomption, de la
Nativité et de la Conception de la sainte Vierge.
5° Une indulgence plénière aux associés qui auront récite leur dizaine avec exactitude et dévotion, tous les jours, au moins pendant un mois savoir:
a) Le 3e dimanche de chaque mois.
b) Aux fêtes solennelles de Noël, de l'Epiphanie, de la Circoncision, de Pâques, de l'Ascension, de la Pentecôte, de la Fête-Dieu, de la Très Sainte Trinité, des Apôtres Saint Pierre et Saint Paul et de la Toussaint.
c) A toutes les fêtes de la sainte Vierge du bréviaire romain, solennelles ou non solennelles.

Nous allons donner la liste de ces fêtes pour augmenter la confiance en Marie, en montrant combien l'Eglise aime à honorer cette tendre et puissante Mère. Il nous semble que les vrais enfants de l'Eglise doivent être animés des sentiments de dévotion et d'amour les plus vifs envers cette Vierge mère de Dieu , en voyant sous combien de titres différents l'Esprit-Saint a inspiré de la vénérer et de l'implorer. Les épousailles de la sainte Vierge, le 22 Janvier. La Purification de la sainte Vierge, le 2 Février. L'Annonciation de la sainte Vierge, le 25 Mars. La compassion de la sainte Vierge, le vendredi après le dimanche de la passion. Notre-Dame de bon secours, le 26 Avril. Notre-Dame des martyrs, le 13 Mai. Notre-Dame Auxiliatrice, le 24 Mai. L'intérieur de la sainte Vierge, le 1er Juin. Notre-Dame de la paix, le 20 Juin. La Visitation de la Sainte Vierge, le 2 Juillet. Notre-Dame du Mont-Carmel, le 16 Juillet. Notre-Dame des Anges, le 2 Août. Notre-Dame des neiges, le 5 Août. L'Assomption, le 15 Août. Le saint coeur de Marie, le dimanche dans l'octave de l'Assomption. La
Nativité, le 8 Septembre. Le saint Nom de Marie, le dimanche dans l'octave de la Nativité. Notre-Dame des sept douleurs, le 8" dimanche de Septembre. Notre-Dame de la merci, le 24 Septembre. Notre-Dame du rosaire, le 1er dimanche d'Octobre. La présentation de la sainte Vierge, le 21 Novembre. Le patronage de la sainte Vierge, le 24 Novembre. L'immaculée conception, le 8 Décmbre. Notre-Dame de Lorctte, le 10 Décembre. Notre-Dame de délivrance, le 16 Décembre. L'expectation de la sainte Vierge, le 18 Décembre. Les indulgences plênières sont applicables aux défunts; elles exigent la confession et la communion, et les
prières d'usage dans une église.

Résolution

Efforçons-nous d'être animés de l'esprit de la belle dévotion du rosaire, c'est-à-dire de l'esprit de piété et de charité, de ferveur et d'union d'esprit et de coeur avec tous les fidèles. Dieu est Charité, a dit Saint Jean; c'est aussi le trait caractéristique de l'esprit du christianisme: que ce soit donc aussi ce qui nous distingue, et nous serons de vrais enfants de Marie; nous consolerons l'Église qui voit partout tant d'indifférence, tant d'éloignement pour l'esprit de son divin époux. Pratiquons de coeur la dévotion du Rosaire; elle nous rendra des hommes de bonnes oeuvres, et nos jours seront des jours pleins et agréables au Seigneur.

Prière


O Dieu de bonté, nous Vous demandons instamment d'exaucer le chef visible de l'Eglise, qui s'exprime ainsi dans son Bref: « Nous en avons la ferme confiance, avec le secours du Seigneur, un des heureux effets de cet exercice, le Rosaire Vivant, ne sera pas seulement de contribuer par sa facilité même à rendre plus fréquente la récitation d'une prière si propre à honorer saintement la Mère de Dieu en tout lieu et en tout temps, mais l'union et le concert de tant d'âmes qui la récitent, lui communiquant, pour ainsi dire, une nouvelle force, elle s'élèvera plus agréable vers ce Dieu qui, pressé par les voeux unanimes de ses serviteurs, se laisse fléchir et incliner vers la clémence3. Qu'il en soit ainsi par l'intercession de Marie. Ainsi soit-il. 

vendredi 24 octobre 2014

24 octobre ( mois du Rosaire )

Vingt-quatrième jour : Le Rosaire vivant

Le Rosaire Vivant est absolument le même que celui de Saint Dominique, il n'en diffère que par la manière de le pratiquer. Pour la récitation simple et privée du Rosaire, chacun dit, chaque jour, au moins une des trois parties du rosaire, c'est-à-dire cinq dizaines. Selon les statuts des Confréries du Rosaire, chaque membre dit dans le cours de la semaine le Rosaire tout entier, c'est-à-dire quinze dizaines.
Enfin, pour le Rosaire Vivant, quinze personnes associées ensemble se partagent, pour un mois, les quinze Mystères du Rosaire; et chacune d'elles récite tous les jours une dizaine de son Chapelet en l'honneur de celui de ces Mystères qui lui est échu pendant le mois. Par ce moyen si simple et si facile, le Rosaire est récité chaque jour tout entier entre ces quinze personnes, et autant de fois en entier qu'il y a de quinzaines, sans que chaque personne y mette beaucoup temps; qu'en faut-il en effet pour dire une dizaine de Chapelet ? De cette manière la récitation du Rosaire devient véritablement perpétuelle: et quelle gloire n'en revient-il pas à la Très Sainte Vierge ! Quinze
personnes associées ensemble forment un Rosaire Vivant, et la réunion des diverses quinzaines compose la confrérie du Rosaire Vivant, dont tous les membres sont unis par les liens d'une tendre Charité, par une émulation mutuelle pour la gloire de Marie, par une sainte ardeur à implorer sa protection.
On sent aisément tous les avantages que présente cette méthode par l'union des coeurs et des prières. C'est un moyen de resserrer et d'entretenir les liens de la charité entre les fidèles, qui trop souvent sont indifférents les uns pour les autres; on forme une nouvelle communauté de biens spirituels, que l'on partage avec ses frères. Si l'on peut se réunir quelquefois pour réciter la dizaine ensemble, on perfectionne cette pratique et on la rend plus efficace. En méditant pendant un mois sur le même Mystère, on l'étudie mieux, on s'en pénètre et l'on s'attache à pratiquer la vertu qui en est le fruit: enfin, les personnes les plus occupées peuvent ainsi pratiquer le Rosaire et en recueillir les biens spirituels. Cette nouvelle méthode de pratiquer le Rosaire, qui sans détruire ou altérer l'ancienne, ne doit que la seconder, a été inspirée de Dieu pour ranimer la confiance en Marie, réveiller la ferveur qui se refroidissait et parer aux besoins présents et à venir. Entrons donc de tout
notre coeur dans les vues de la Providence: dévoués au culte de Marie, ranimons, faisons revivre la dévotion du Rosaire, répondons à la voix du Père commun des fidèles en nous faisant inscrire dans l'association du Rosaire Vivant.

Cette dénomination a été donnée à cette manière de réciter le rosaire parce que, d'après le mode de son organisation, chaque quinzaine réunissant autant de personnes qu'il y a de Mystères à honorer, chaque division se composant d'autant d'associés qu'il y a de grains dans un Rosaire, ces associés forment comme autant de grains vivants, dévoués par un culte journalier au service de la Mère de Dieu; et, en second lien parce qu'il est mis comme en action par la récitation perpétuelle des prières. Quant à son origine, on la doit à la piété d'une fidèle Servante du Seigneur, Pauline Jaricot, à qui Dieu avait déjà inspiré l'oeuvre admirable et si utile de la Propagation de la Foi. C'est à Lyon que cette forme nouvelle de réciter le Rosaire a commencé à être pratiquée: c'était en 1826. Elle y est d'abord demeurée cachée, pour ainsi dire, dans les plaies de Jésus humilié, mais bientôt, comme le grain de sénevé de l'Évangile, elle s'est répandue dans un grand nombre de diocèses. Le souverain Pontife Grégoire XVI l'a solennellement instituée et approuvée par un bref du 27 Janvier 1882. Le père commun des fidèles y exprime avec une sainte effusion de coeur la joie que lui fait éprouver l'établissement de cette pieuse pratique et les espérances qu'il en conçoit. Il y l'ait paraître un vif
désir de voir le rosaire vivant se propager et il engage à le répandre. Dans cette vue, il accorde au rosaire vivant de nouvelles et nombreuses indulgences, auxquelles il joint, en outre, celles qui ont été attachées par ses prédécesseurs à la récitation du rosaire. A dater de celle approbation par le Saint Siège, le Rosaire Vivant a fait de nouveaux et rapides progrès; il s'est étendu et s'étend encore dans tous les pays. Répondant à la voix du Souverain Pontife, les évêques le favorisent d'une manière spéciale; plusieurs ont publié des lettres pastorales pour l'établir dans leurs diocèses, le recommandant vivement à leurs ouailles.

Un des buts du Rosaire Vivant, que le souverain Pontife exprime lui-même dans son bref de 1832, c'est de faire revivre et de rendre plus fréquente la pratique du Saint Rosaire, dévotion si belle, mais trop oubliée, en la mettant à la portée de tous, par une méthode plus simple et plus facile; c'est de tendre à réaliser le désir d'un pieux missionnaire, qui eût souhaité de voir le monde entier couvert des grains bénits du Rosaire. Mais des grains muets n'auraient pas rendu à la Mère de Dieu la gloire qu'Elle mérite; il fallait que des grains vivants, que des Rosaires de coeurs, fissent retentir toute la terre de Ses louanges. Cette association nouvelle, loin de préjudicier aux Confréries du Rosaire déjà canoniquement érigées, doit au contraire les favoriser, en disposant ceux qui ne connaîtraient qu'imparfaitement cette dévotion à la goûter davantage et à la pratiquer avec plus d'étendue, selon les règles de ces confréries, car il ne faut pas confondre l'ancienne Confrérie avec l'association du Rosaire Vivant; chacune demeure distincte, et conserve toujours sou organisation, ses règles,
les indulgences qui lui sont propres.

Un autre but du Rosaire Vivant, et qui est le principal, c'est de fléchir la colère de Dieu, de faire une sainte violence au Ciel, d'implorer avec des instances réitérées la Divine Miséricorde, par l'entremise de Notre Dame du Rosaire, afin d'obtenir la conservation de la Foi pour nous et pour nos frères, l'avancement et la perfection des justes, la conversion des pécheurs, l'exaltation de la sainte Eglise de Jésus-Christ. Prions sans cesse pour une si noble fin. Si saint Dominique, le Rosaire à la main, put triompher des Albigeois, et réformer des provinces entières, qui sait si, malgré notre indignité, nous n'obtiendrons pas du Coeur de Marie qu'elle confonde l'impiété, non pas en perdant les impies, mais en obtenant leur conversion! Puisque Jésus-Christ nous promet d'exaucer les prières de deux ou trois personnes assemblées en son nom, ne peut-on pas espérer que tant de milliers d'âmes associées au Rosaire Vivant seront exaucées ?

Résolution

Faisons comme beaucoup d'âmes pieuses qui pratiquent les deux manières de réciter le Rosaire, c'est-à-dire, qui le récitent en entier chaque semaine selon les règles de l'ancienne Confrérie et de plus récitent chaque jour une dizaine pour le rosaire vivant. Cette pratique n'a rien que de très-facile. Travaillons donc à propager ces deux manières de dire le Rosaire, à l'exemple du souverain Pontife qui désire si ardemment de rendre plus fréquente la récitation d'une prière si propre à honorer saintement la Mère de Dieu en tout temps et en tout lieu.

Prière

Vierge sainte, c'est Vous qui avez inspiré à l'une de vos fidèles servantes, de former de pieuses associations pour s'unir dans la récitation quotidienne du Rosaire; obtenez de Dieu à tous les associés du Rosaire Vivant, qu'en Vous rendant ce tribut d'hommages, ils remplissent tous leurs autres devoirs de religion et de Charité, et règlent leur conduite sur les préceptes de la vie chrétienne, afin que, Vous devenant de jour en jour plus agréables, Vous les conduisiez à la vie éternelle et qu'ainsi cette dévotion soit pour le peuple fidèle une source abondante de bénédiction et de salut. Ainsi soit-il.


jeudi 23 octobre 2014

23 octobre ( mois du Rosaire)

Vingt-troisième jour : Heure annuelle du rosaire perpétuel, Horloge du Rosaire


Nous avons déjà fait connaître le rosaire perpétuel; l'heure annuelle en est la pratique. Elle a pris son origine dans le couvent des Dominicains de Bologne, en 1625, et elle a eu l'approbation des Souverains Pontifes. Cet usage précieux s'est répandu ensuite partout et à toujours été la source de mille bénédictions. Chacun est libre de l'adopter, mais comme le rosaire perpétuel est un privilège inhérent à la Confrérie du Rosaire, hors de laquelle on ne peut participer aux indulgences qui y sont attachées, les confrères seuls peuvent s'y faire inscrire. Puisqu'il y a une indulgence plénière il faut que le jour fixé pour l'heure annuelle, on s'approche des saints sacrements.

Pendant cette heure on récite le Rosaire en entier pour tous les confrères, et en particulier pour les
agonisants, car c'est surtout pour obtenir de Dieu les secours nécessaires dans les derniers moments de la vie qu'on a établi cette pratique de dévotion. Nous implorons tous les jours la Sainte Vierge de prier pour nous à l'heure de notre mort; par la pratique du Rosaire perpétuel, nous Lui consacrons une heure tout spécialement pour qu'elle protège nos confrères agonisants. Faisons aux autres ce que nous voudrions qu'ils nous fissent; or, puisque nous considérerions comme un bonheur insigne qu'on implorât pour nous cette Mère toute-puissante de Miséricorde lorsque les angoisses de la mort nous accableront, faisons-nous un plaisir de rendre ce service à nos confrères: c'est une oeuvre de Charité qui ne peut qu'être très agréable à Jésus et à Marie.
L'association du Rosaire Perpétuel est organisée en peu d'endroits; dans ceux où elle se trouve régularisée, on donne à celui qui s'y fait inscrire un imprime qui contient la formule et les prières suivantes que nous transcrivons comme étant propres à donner une idée exacte de cette association.
O Jésus, mon Sauveur, qui nous avez tant recommandé la Charité par vos leçons et votre exemple, moi soussigné, je Vous prie de vouloir bien agréer l'offrande que je Vous fais du Saint Rosaire pour le
soulagement de nos confrères agonisants. Plein de confiance en mes saints Patrons N. N., aujourd'hui du mois de à heure du soir (ou du matin), je me propose de réciter le Rosaire, avec le plus de ferveur possible; et j'ose Vous supplier humblement, ô aimable Sauveur, par la médiation puissante de Marie Votre Mère, de protéger et de défendre les moribonds contre les embûches du démon, de les fortifier et assister dans leur agonie, afin que leur mort soit un heureux passage dans le sein de votre gloire.
Après chaque dizaine de ce rosaire, on dit le credo; et à la fin la prière suivante : O aimable Jésus, par cette douleur amère que vous avez éprouvée dans l'agonie du jardin des Oliviers, et surtout sur la croix, lorsque vous avez remis votre âme entre les mains de votre Père, secourez l'âme de tous nos frères agonisants, au moment de leur mort. Ainsi soit-il.

O Divin Sauveur, si plein de Charité pour les hommes, vous nous avez dit : « Je ne veux point la perte de l'impie, mais la conversion du pécheur, et le salut de tous ceux qui se jetteront avec confiance dans le sein de Mon infinie Miséricorde », et vous nous avez promis de ne jamais refuser ce que l'on demanderait en Votre Nom. Je Vous prie donc, par Votre Saint Nom, de daigner accorder à tous nos confrères qui sont à l'article de la mort, un sentiment profond de leur misère, une vive douleur de leurs offenses, une foi éclairée, une espérance ferme et une Charité parfaite, afin que chacun puisse dire du fond d'un coeur pur: « Seigneur, je remets mon âme entre vos mains ». Ratifiez ce voeu, ô Dieu de bonté, et exaucez ma prière. Ainsi soit-il.
Comme il n'y a point d'heures ni de moments dans la vie, dit saint Augustin, où l'on ne jouisse des bienfaits du Seigneur, on n'en doit point laisser passer sans se souvenir de Lui pour lui rendre des actions de grâces. Entre les moyens conseillés pour se recueillir en la présence de Dieu à toutes les heures de la journée, sans cesser ni son travail ni ses occupations ordinaires, il en est un très facile et dont le Saint Rosaire a donné l'idée: il consiste à consacrer chaque heure du jour à la mémoire et à l'honneur d'un Mystère du Saint Rosaire, en disant un Ave Maria lorsque l'heure sonne, et en faisant une élévation d'esprit et de coeur vers Jésus-Christ et la sainte Vierge. Le coeur de l'homme est comme une horloge dont les poids sont ses affections qui tendent toujours en bas, aux choses de la terre et à l'amour-propre, et se dérangent si on ne les relève souvent vers le Ciel par des oraisons jaculatoires.

Si vous voulez faire usage de ce moyen facile et salutaire de se tenir en la sainte présence de Dieu, et qu'on appelle à juste titre l'Horloge du Rosaire, à cinq heures du matin, pensez au mystère de l'incarnation, adorez le Fils de Dieu fait homme dans le sein de la plus pure des Vierges, et pratiquez l'humilité.
A six heures, considérez la Visitation, admirez la Charité de Jésus, sanctifiant saint Jean, et celle de Marie visitant sainte Elisabeth; secourez votre prochain.
A sept heures, rappelez-vous la Nativité de Jésus-Christ, remerciez-Le d'avoir voulu naître et reposer sur la paille dans une crèche; fuyez toute sensualité.
A huit heures, pensez à la Purification, bénissez avec le saint vieillard Siméon, Jésus présenté au temple; aimez et conservez la pureté.
A neuf heures, voyez Jésus recouvré dans le Temple; soupirez et cherchez avec la sainte Vierge, Jésus que vous avez tant de fois perdu par le péché.
A dix heures, écoutez l'oraison de Jésus au Jardin des Oliviers; compatissez à sa tristesse et à Son Agonie où Il sua du Sang; résignez-vous à souffrir pour Son Amour.
A onze heures, assistez à la Flagellation, détestez vos péchés qui ont fait souffrir Jésus-Christ; et faites pénitence.
A midi, contemplez le Sauveur couronné d'épines; honorez le Roi des rois Jésus outragé, injurié et ayant la Face couverte de crachats; aimez les mépris.
A une heure, suivez avec Marie, Jésus chargé de Sa Croix gravissant la montagne du Calvaire sans se plaindre ni murmurer; supportez de même les croix que Dieu vous envoie.
A deux heures, voyez Jésus Crucifié et expirant sur la Croix pour votre Salut; pardonnez à vos ennemis pour son amour.
A trois heures, réjouissez-vous de la résurrection de Jésus-Christ et de la victoire qu'Il a remportée sur la mort et le démon; ressuscitez promptement du péché à la grâce.
A quatre heures, accompagnez avec les Anges et les âmes des justes détenus dans les limbes, Jésus montant au ciel en triomphe; dédaignez la terre et vivez spirituellement dans le Ciel.
A cinq heures, adorez le Saint-Esprit descendant sur les Apôtres, demandez Sa grâce par Jésus-Christ, et travaillez à la gloire de Dieu.
A six heures, contemplez l'Assomption de la Sainte Vierge, louez-La élevée par les Anges au ciel, et
conservez-vous en état de grâce pour y monter aussi un jour.
Enfin à sept heures, assistez au couronnement de la sainte Vierge; invoquez-La comme Reine du Ciel et de la terre, et persévérez dans Sa dévotion.
Oh ! combien ne serait pas fécond en mérites et en bénédictions un jour consacré ainsi au Saint Rosaire sans négliger en rien ses devoirs d'état ! combien ne serait pas sainte cette manière de passer toutes les heures d'une journée !


Résolution

Pour les enfants du siècle tout moyen est bon pour arriver à leurs fins, et ils sont ardents pour adopter tout ce qu'ils croient propre à leur procurer quelque plaisir, quelque bien temporel: les enfants de lumière seront-ils moins ardents à mettre en pratique des moyens tout à la fois faciles, simples et efficaces pour marcher en la sainte présence de Dieu et sanctifier le temps qui ne leur est donné que pour procurer la gloire de Dieu en sauvant leur âme. Qu'il n'en soit pas ainsi de notre part; essayons de cette horloge pour Lien passer une journée, et nul doute que nous n'en fassions usage de nouveau, tellement nous nous en trouverons bien.

Prière

Vous avez dit, Dieu de vérité, que quiconque marcherait en Votre Présence serait parfait; or, puisque Vous m'avez fait connaître aujourd'hui le moyen de marcher en Votre Sainte Présence en méditant dans le cours de la journée les Mystères du Rosaire, accordez-moi la grâce de passer ainsi souvent mon temps en les méditant, afin de vous être uni d'esprit et de coeur et de sanctifier Votre Saint Nom dans toutes mes actions. Ainsi soit-il.


mercredi 22 octobre 2014

22 octobre (mois du Rosaire)

Vingt-deuxième jour : Pratique des quinze communions en l'honneur des quinze mystères du Rosaire

Ces quinze communions doivent être faites quinze mardis de suite, comme nous l'avons vu hier, pour pouvoir gagner les indulgences, et, autant que possible, dans la chapelle ou dans l'église où est établie la Confrérie du Rosaire. On engage les personnes qui pratiquent cette dévotion, à réciter le rosaire en entier le jour de communion en demandant l'assistance de la Sainte Vierge pour en bien méditer les mystères et pour pratiquer avec persévérance le reste de la vie les vertus qu'ils enseignent. Du reste il va sans dire qu'il faut avoir une intention pure et droite, et ne demander que des choses propres à nous procurer le salut et la perfection chrétienne; et pour obtenir plus sûrement la grâce qu'on désire, il faut éviter tout péché, toute imperfection, et être exact aux plus petites choses pour l'amour de Jésus-Christ et de la Sainte Vierge. Enfin, il est bon de faire quelques aumônes extraordinaires, quelques actes de mortifications ou antres bonnes oeuvres agréables
au Seigneur, taisant le tout en l'honneur du mystère qu'on a médité en communiant.
La préparation à chacune des quinze communions doit consister dans la méditation sur le Mystère en l'honneur duquel on se propose de communier; et dans l'action de grâces on demande avec ferveur la faveur qu'on désire obtenir de Dieu par les mérites de ce Mystère et par l'intercession de la Très Sainte Vierge. On peut le faire par les prières suivantes:

O mon doux Sauveur, je Vous conjure pour l'Amour que Vous m'avez toujours témoigné dans ce Mystère, en l'honneur duquel j'ai fait la présente communion, de m'accorder telle faveur, telle grâce, si elle m'est nécessaire ou utile pour mon salut et mon avancement dans le chemin de la vertu.

O glorieuse Vierge, Reine du Saint Rosaire, très digne Mère de Dieu, je Vous conjure par toutes les grâces que Vous avez reçues du Père, du Fils et du Saint Esprit, comme Fille du Père, comme Mère du Verbe incarné et comme Epouse du Saint-Esprit, et par les mérites de ce Mystère, en l'honneur duquel je viens de communier, de m'obtenir par Votre intercession et crédit tout-puissant auprès de la divine majesté, telle grâce... Ainsi soit-il.

Telles sont les prières qu'on peut répéter après chaque Communion. Quant aux sentiments qu'on doit exciter dans son coeur, aux considérations qu'on doit faire et aux résolutions pratiques qu'on doit prendre, nous en donnerons un exemple pour une des trois classes de Mystères; ce sera suffisant pour en avoir la clef. Du reste si on manifeste le désir d'avoir un ouvrage spécial pour communier ainsi en l'honneur des quinze Mystères, nous prenons bien volontiers l'engagement d'en publier un adapté à cette dévotion.
Communion en l'honneur du 1er mystère joyeux, l'annonciation.
Représentez-vous l'Ange vous invitant à vous approcher de la sainte table, et vous adressant les mêmes paroles qu'à la Sainte Vierge: « Ne craignez pas, vous avez trouvé grâce devant Dieu; le sacrement de Pénitence vous a rendu agréable aux yeux de Dieu ». Et répondez avec la Sainte Vierge: « Voici la servante (le géniteur) du Seigneur; voici la plus indigne et fa plus chétive de toutes les créatures qui va s'unir à vous, ô mon adorable Sauveur! qu'il me soit fait selon votre parole; que je n'aie d'autre volonté que la vôtre, que je sois unie à vous pour le temps et pour l'éternité ». Considérez ensuite l'humilité de Jésus et de Marie, du Fils et de la Mère; du Fils, de prendre un corps et une âme comme nous pour nous racheter en souffrant et en mourant sur la Croix : de la Mère, de s'appeler Servante du Seigneur au moment que le Très-Haut la choisit pour être la Mère du Verbe incarné. Quant aux résolutions pratiques, comme l'imitation de Jésus et de Marie est le culte et l'honneur le plus excellent que Tous puissiez leur rendre, à leur imitation, humiliez-vous intérieurement et extérieurement; tâchez d'occuper la dernière place soit à l'église, soit ailleurs, afin que les hommes ne vous considèrent pas; aimez qu'on vous dise vos défauts; honorez les Saints et les Saintes qui se sont distingués par la pratique de la vertu d'humilité.

Communion en l'honneur du 1er mystère douloureux, Jésus au Jardin des Oliviers.
Réfléchissez sur la différence qu'il y a entre le calice qui fut offert à Jésus au Jardin des Oliviers et celui qu'Il vous offre à la Sainte Table; celui-là était le calice de douleur qui contenait pour Jésus l'amertume des péchés de tous les hommes dont la vue Lui occasiona une sueur de Sang, tellement elle était horrible; tandis que le calice Eucharistique contient Son Sang Précieux qu'Il vous donne en breuvage; c'est le Pain des Anges, le froment, le vin qui engendre les vierges. Rappelez-vous quel honneur ce fut pour les frères de Joseph de manger à sa table et de boire à sa coupe; l'honneur que vous allez avoir d'être admis à la table du Roi des rois, de manger le pain des Anges et de boire le Sang de l'Agneau Divin, n'est-il pas infiniment plus grand ? Considérez la résignation de Jésus à boire le calice de Sa Douloureuse Passion, pour l'amour de nous: Il fait une oraison de trois heures, prosterné contre terre, suant du Sang et étant triste jusqu'à la mort, mais toujours soumis et
résigné à la Volonté Divine. Imitez Jésus, faites oraison, et si vous avez des peines, si Dieu parait vous accabler et vous délaisser, résignez-vous à tout ce que Dieu veut, par Amour pour Jésus agonisant au Jardin des Oliviers.

Communion en l'honneur du 1er Mystère Glorieux, la Résurrection de Jésus.
Représentez-vous Jésus triomphant et victorieux de la mort, du démon. de l'enfer et du péché; la joie des Anges et des Saints et surtout de Sa Sainte Mère. Rappelez-vous qu'une âme ressuscitée du péché à la grâce, n'est plus ce qu'elle était auparavant. Ce n'est plus cette âme qui ne se nourrissait que des oignons d'Egypte, je veux dire du péché; ses délices sont de recevoir le Pain des Anges. Partagez la joie de Marie de voir Son Divin Fils ressuscité et savourez votre bonheur de recevoir au milieu de votre coeur votre Sauveur triomphant et glorieux, et demandez-Lui cette paix ineffable qu'il souhaitait à Ses Apôtres. Considérez que pour ressusciter un jour à la gloire et être réuni à Jésus, il faut triompher du péché: prenons donc la résolution de ne plus le commettre, d'éviter même toute imperfection volontaire de propos délibéré, et de travailler tous les jours à dompter notre passion dominante.

Résolution

La lecture de ce jour doit nous faire comprendre l'avantage que les âmes pieuses peuvent retirer de la pratique de cette dévotion de 15 Communions en l'honneur des Mystères du Rosaire. Elle doit tout au moins nous faire prendre la résolution de méditer l'un ou l'autre de ces mystères lorsque nous communions: ce sera sans nul doute un moyen de nous préparer dont nous retirerons un grand profit pour la vie intérieure, puisqu'il nous fera de plus en plus connaître, aimer et imiter Jésus et Marie, ce en quoi consiste la perfection chrétienne.

Prière

Seigneur, mon Dieu, mon unique désir est de m'approcher de la Sainte Table avec les dispositions que Vous avez droit d'attendre de moi; et je suis prêt à employer les moyens les plus propres à me donner ces dispositions. Je méditerai donc les mystères du Rosaire d'une manière pratique, lorsque j'aurai le bonheur de communier, afin de le faire bien et d'une manière profitable pour mon avancement spirituel. Je Vous demande cette grâce, Seigneur, par l'intercession de Notre-Dame du Rosaire. Ainsi soit-il.